| Jean Claude
Samba Baala ou L'être pierre de la pierre L'Existence est le mouvement. Elle est
dans le mouvement. Et l'existence de Samba est dans le
mouvement qui suit le chemin du dénouement , de
l'amour... évoluant en une géographie réelle et
imaginaire. De la Guadeloupe à l'Espagne, de Florence à
Paris.
L'Existence est le Changement, qui est recherche. Et
Samba recherche, creuse. Dans l'histoire des peintres qui
ont traversé ce coté périphérique / historique de
Paris : le Val de Marne, le pont de Cézanne, la
promenade des impressionnistes, l'art contemporain de
l'«après» moderne, les années 60/70, les avant-gardes
historiques, l'Arte Povera. Changer c'est Construire et
l'Existence pourrait se comprendre comme le
construire-son-être au moyen de l'Art, l'activité
pro-ductive par excellence, de l'homme, l'engagement le
plus haut , quand il est authentique.
Et Samba Baala, avec authenticité, a répondu ,
traversant toutes ces poétiques , à l'appel urgent que
la conscience artistique de notre temps a lancé vers
l'essence, aliénée de l'oeuvre d'art. Cet artiste
multiculturel ne s'arrête pas à un jeu d'échanges et
d'influences, entre son histoire originaire des îles
françaises (Guadaloupe) et l'histoire de la peinture
plutôt franco-européenne occidentale, mais essaie de
dévoiler la structure originale de l'uvre d'art et
en écartant le continuum du temps linéaire, va à la
recherche de l'origine, pour retrouver entre passé et
futur, son espace présent. Avec l'entendement que la
culture n'existe que dans l'acte de sa transmission,
c'est à dire dans l'acte vivant de sa tradition et que
entre passé et présent, entre vieux et neuf, il n'y a
pas de solution de continuité, parce que tout objet
transmet à chaque instant ,sans résidu, le système de
croyances et de notion qui en lui ont trouvé expression.
Et comme le sage chante en incantation une articulation
vocale après l'autre, tourne son moulin à prière ,
égrène son chapelet, avec beaucoup de persévérance ,
malgré le nombre limité de ses outils, et finira par
saisir le sens profond de la succession, de l'être
lui-même et de l'univers, l'homme-artiste Samba Baala,
avec sa capacité synthropique à s'adapter à toute
matière, interagit avec le passé et le futur, le vieux
et le neuf, dans une complexité de relations, pour
appréhender, vers une capacité de connaissance, son
espace présent, en un acte de transmission de lien(s)...
Son extériorité intime, à travers le vagabondage de sa
recherche artistique le transporte vers son propre
avoir-lieu. Celui d'une singularité exposée qui ne
s'attache jamais à telle ou telle propriété (toile,
bois, fer, ver, sable, pierre) mais n'en fait pas non
plus abstraction au nom d'une fade généralité, il veut
l'objet avec tous ses prédicats, l'être ver du ver,
l'être bois du bois ; et aujourd'hui l'être pierre de
la pierre.
Au-delà des dimensions picturales, pour se mesurer à la
force puissante de la pierre. Dans cette époque où aux
oeuvres des Muses manque la force de l'esprit et où
l'art est condamné à chercher sa propre consistance
dans ce qui lui est le plus extérieur, Samba, à la
place de nous offrir des beaux fruits détachés de
l'arbre, essaye de nous livrer avec celles, leur monde,
le printemps et l'été de la vie dans lesquels elles
fleurissaient et mûrissaient de rétablir le fait que
l'homme a sur terre un statut poétique, et que l'oeuvre
d'art a le caractère de l'énergie, de l'être en
oeuvre, est ouverture d'un espace de vérité , où la
subjectivité de l'artiste s'identifie si immédiatement
avec sa matière, qui constitue non seulement pour lui ,
mais aussi pour ses semblables, la vérité la plus
intime de sa conscience.
Dans ce moment extrême de l'exil de l'oeuvre d'art de sa
propre essence, sa dernière démarche assume
allégoriquement le déchirement de l'activité
productive de l'homme ; dans la rencontre
"poiétique" avec la matière qu'il essaye de
"manipuler" à son usage comme dans l'esprit et
la volonté de puissance du désir, toujours à de-venir,
du sculpteur. Samba évolue en affidé guerrier, qui
lutte avec et 'pour' la matière, et comme tous les vrais
artistes laisse entrevoir dans cette lutte, une autre
lutte : celle CONTRE l'aliénation et l' extranéation
qui privent l'humanité de son sens immédiat, de la vie,
et POUR un monde vraiment 'poétique', dans l'étymon du
mot, dans sa dimension la plus essentielle, qui seule,
permet à l'homme d'accéder à sa position originale
dans l'histoire et dans le temps. Là où tout contour
touche à sa propre matière, dans l'hospitalité
irrévocable de la connaissance des choses universelles.
Dans ce mouvement de changement et de construction, Samba
suit le chemin qui mène à soi même, pour que l'Art
redevient don de l'espace original de l'individu, espace
commun où tous les hommes se retrouvent en une unité
vivante. Instants-prières, chefs d'oeuvre de pierre,
Mystère incréé limpide énigme, accablante légèreté
du rocher...
Extrême
Jonction
Eva Rachele Grassi
Angelo Ermanno Senatore
www.extremejonction.scriptmania.com

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