Victor Hugo

Enfance et jeunesse

Il est né à Besançon en 1802, mais passe son enfance à Paris. Il est le fils de Sophie Trébuchet et de Léopold Hugo. De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite de son père, général de Napoléon, marqueront ses premières années. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari. Très tôt ses parents se séparent car sa mère entretient une liaison avec le général d'empire Victor Fanneau de la Horie. Elle lui dispense une éducation assez libre (avec Victor Fanneau de la Horie, son parrain et précepteur), qui accorde une grande place à toutes les formes de lecture. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses.

Il fonde (avec ses frères Abel et Eugène) en 1819 une revue, le Conservateur littéraire, qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux Floraux (voir Clémence Isaure). Deux fois lauréat (1819 et 1820), également primé par l’académie, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a un goût marqué (il suit les cours des classes préparatoires), et embrasse la carrière littéraire. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors vingt ans et ses études au lycée Louis-le-Grand lui permettent de le faire connaître rapidement. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. Dès cette époque, Hugo est tout à la fois poète, romancier, dramaturge et même journaliste : Hugo entreprend tout et réussit beaucoup.



Le jeune écrivain

C’est avec Cromwell, publié en 1827, qu’il fera éclat. Dans la préface de ce drame, il s’oppose aux conventions classiques, en particulier à l’unité de temps et à l’unité de lieu. Il met véritablement en pratique ses théories dans la pièce Hernani. Cette œuvre est la cause d’un affrontement littéraire fondateur entre anciens et modernes, ces derniers (au premier rang desquels Théophile Gautier) s’enthousiasmant pour cette œuvre romantique — combat qui restera dans l’histoire de la littérature sous le nom de « bataille d’Hernani. » Dès lors, la production d’Hugo ne connaît plus de limites : romans (Notre-Dame de Paris, 1831) ; poésie (Les Chants du crépuscule, 1835) ; théâtre (Ruy Blas, 1838).

De 1826 à 1837, il séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont le célèbre ouvrage des Feuilles d'automne.

Il épouse Adèle Foucher qui lui donne plusieurs enfants : Léopold en 1823 qui décédera quelques mois plus tard ; Léopoldine en 1824, Charles (1826), Francois–Victor (1828) et Adèle en 1830, la seule qui survivra à son illustre père mais dont l'état mental, très tôt défaillant, lui vaudra de longues années en maison de santé.

Il aura, jusqu’à un âge avancé, de nombreuses maîtresses. La plus célèbre sera Juliette Drouet, actrice rencontrée en 1833, qui lui consacrera sa vie et le sauvera de l’emprisonnement lors du coup d’état de Napoléon III. Il écrira pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passent ensemble l'anniversaire de leur rencontre et remplissent, à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nomment tendrement le Livre de l’anniversaire.

Hugo accède à l’Académie française en 1841.

En 1843, Léopoldine meurt tragiquement à Villequier, noyée avec son fiancé Charles Vacquerie dans le naufrage de leur barque. Hugo sera terriblement affecté par cette mort.



L'exil

Élevé par sa mère vendéenne dans l’esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l’intérêt de la démocratie (« J’ai grandi », écrit-il dans un poème où il s’en justifie). Son idée est que « là où la connaissance n’est que chez un homme, la monarchie s’impose. Là où elle est dans un groupe d’hommes, elle doit faire place à l’aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ». Devenu partisan d’une démocratie libérale et humanitaire, il est élu député de la Deuxième République en 1848, et soutient la candidature du « prince Louis-Napoléon ».

Cependant, Hugo s’exile après le coup d'État du 2 décembre 1851 qu’il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d'un crime). Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Il est l’un des seuls proscrits à refuser l’amnistie décidée quelque temps après (« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là »). Pendant ces années difficiles, il publiera notamment Les Châtiments (1853), œuvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poésies (1856) ; La Légende des Siècles (1859), ainsi que Les Misérables, roman (1862). Le souvenir douloureux de Léopoldine — ainsi que sa curiosité — le pousse à tenter à Jersey, d’étranges expériences de spiritisme consignées dans Les Tables tournantes de Jersey.

Pendant les années 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duché de Luxembourg comme touriste, alors qu'il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). En 1871, après la Commune de Paris, tandis qu'il est expulsé de Belgique pour y avoir offert asile aux communards poursuivis dans la capitale française, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il séjourne successivement à Luxembourg, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale.



Le retour en France

Après la chute du Second Empire consécutive à la guerre franco-prussienne de 1870, c’est l’avènement de la Troisième République : Hugo peut enfin rentrer après vingt années d’exil. Jusqu'à sa mort il restera une des figures tutélaires de la République retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée. Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'il est enterré au Panthéon, son cercueil étant au préalable resté plusieurs jours sous l'Arc de triomphe. On considère que trois millions de personnes se sont déplacées alors pour lui rendre un dernier hommage.


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